Dans la soirée du samedi 26 mai, l'Assemblée nationale a créé la surprise. La majorité des députés a en effet voté en faveur des amendements portés par Philippe Huppé visant à faire apparaître le lieu de production du vin de manière claire sur les étiquettes. Le député LaREM de la 5ème circonscription de l'Hérault, présentait ses amendements, contre l'avis du Gouvernement et du responsable du texte issu des Etats Généraux de l'Alimentation, actuellement en débat au Palais Bourbon.

 

Depuis quelques années, les viticulteurs du bassin languedocien saisissaient leurs élus, désespérés face à une situation de profonde injustice. Alors que leurs cuves restaient pleines, du vin étranger, notamment venu d'Espagne, était vendu à bas coût dans nos supermarchés en présentant des étiquettes créant volontairement la confusion dans l'esprit du consommateur, lui laissant penser que le vin qu'il achetait était français.

 

Cambras, Charles de Cassignac, Celliers du Mazet, voici les noms des marques qui abusaient le consommateur et qui ont défrayé la chronique ces dernières années et ont conduit les viticulteurs héraultais, audois ou gardois, à commettre des actes chocs et à déverser leurs cuves de vin sur les routes, excédés par ces importations.

 

Face à cette pratique commerciale délibérément trompeuse, Philippe Huppé, qui sera bientôt nommé président de l’ANEV (Association Nationale des Élus de la Vigne et du Vin), a donc décidé d'agir et a fait voter des amendements afin d'imposer que le lieu de production du vin figure clairement sur le champ visuel de l'étiquette "visible au moment de l'achat, sans avoir à retourner la bouteille".

 

Une trentaine de députés avait d’ailleurs cosigné ses amendements, dont cinq députés de l’Hérault, dans une initiative commune avec le député de l’Aude Alain Perea.

 

Si le Gouvernement a soutenu sa proposition d'amendement pour faire figurer le pays d'origine du vin sur les cartes de restaurant, y compris lorsqu'il est servi au pichet ou au verre, il a confirmé lors de la séance publique son opposition à l'amendement visant à imposer le lieu de production sur l'étiquette "frontale".

 

Mais, coup de théâtre, la majorité des députés présents ce soir là, est allée contre cet avis et ont soutenu le député héraultais, convaincue comme lui qu'il était important de défendre les producteurs de vin français mais aussi les consommateurs. Philippe Huppé a en effet tenu à préciser que cette revendication était aussi celle des consommateurs qui aujourd'hui, manifestent une volonté quasi unanime de pouvoir bénéficier d'une information plus claire concernant la provenance des produits qu'ils achètent.

 

Et concernant le vin, produit emblématique de la France s'il en est, il y a fort à parier que ces amendements répondront à leurs attentes.