A la suite des nombreuses interrogations qui m’ont été adressées au sujet de l’avenir des pensions de réversion, il me semble important de mettre fin à une rumeur infondée, qui inquiète inutilement un nombre important de nos concitoyens, et plus particulièrement de concitoyennes.

 

Aujourd’hui, près d’un million de françaises ne vivent que des pensions de réversion, à la suite du décès de leur époux. Au total, ce sont près de 4,4 millions de retraités qui touchent une pension de réversion, dont 89% sont des femmes.

Ni le gouvernement, ni la majorité parlementaire ne comptent remettre en question le principe des pensions de réversion, qui permettent à des millions de veufs et de veuves de vivre dignement, souvent après avoir renoncé, définitivement ou pendant quelques années, à une carrière professionnelle pour des raisons familiales. Ainsi, à l’heure actuelle, la réversion permet de réduire de 15 points l’écart entre les hommes et les femmes en matière de pensions de retraite. De même, les pensions de réversion permettent à 45% des retraitées et à 11% des retraités de dépasser le seuil de pauvreté.

Si une réforme des retraites a bien été promise par le Président de la République, et sera présentée en Conseil des Ministres au cours du mois de décembre, le gouvernement n’envisage aucunement de supprimer les pensions de réversion, comme l’a déclaré la Ministre Agnès Buzyn lors des questions au gouvernement le 21 juin 2018 : « il n’est pas question de supprimer les pensions de réversion ».

L’objectif de la réforme, qui s’inspire de la promesse de campagne d’Emmanuel Macron, est de construire un système dans lequel un euro cotisé donne les mêmes droits à tous. Cet objectif ne va pas à l’encontre du maintien de pensions de réversion.

Néanmoins, force est de constater que le principe « un euro cotisé donne les même droits » ne s’applique pas aux pensions de réversion actuellement. Les conditions pour bénéficier de la réversion, ou pour la cumuler avec sa propre pension, sont différentes selon les régimes de retraite. C’est pourquoi, la réforme engagée aura pour objectif, non pas de supprimer les pensions de réversion, mais de les repenser, afin de les rendre plus justes et plus lisibles.

Cette refonte se fera en concertation avec les partenaires sociaux, dont les discussions ont d’ores et déjà débuté, sous la direction du Haut-Commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye, mais aussi avec tous les français qui s’intéressent au sujet : la parole vous est donnée directement, si vous souhaitez participer à la réflexion sur le futur système de retraites. Le ministère de la Santé a en effet lancé le 31 mai dernier une consultation publique. Cette consultation, qui a déjà recueilli plus de 17 000 contributions, est accessible à tous via le lien suivant : https://participez.reforme-retraite.gouv.fr/projects

En parallèle, l’un des objectifs de loi PACTE qui sera examinée au Parlement en septembre prochain, est de développer l’épargne retraite. La loi prévoit notamment une obligation de proposition de réversion pour l'épargne retraite, ce qui permettra aux veufs et veuves de demain de toucher une retraite plus importante.

Nous ne sommes qu’au début d’une réforme globale, ambitieuse et de justice sociale !