Alors que la nuit tombait sur Paris samedi soir, nous avions tous peine à nous remettre des images de violence auxquelles nous avons pu assister. L’arc de triomphe « souillé », la flamme du soldat inconnu piétinée, les forces de sécurité lynchées par des casseurs venus d’un extrême et de l’autre. 

Ces actes d’anarchie et de vandalisme qui se sont déroulés à Paris et dans nos départements, en tant qu’élu de la République, je les condamne avec la plus grande fermeté. 

 

Cependant, après avoir rencontré la semaine dernière des Gilets Jaunes à Béziers, à Saint-Pons-de-Thomières ou encore à Paulhan, je fais la différence avec les « vrais » Gilets Jaunes, ceux qui m’ont avant tout témoigné de la souffrance avec laquelle ils vivent. Les témoignages que j’ai pu recueillir sont bien loin d’appeler à l’anarchie ou à une présumée VIe République, tous sont indignés devant l’extrême violence et regrettent que leurs revendications soient ainsi bafouées par des fondamentalistes de la casse. Ceux que j’ai rencontrés ne se préoccupent que de leur fin de mois. Ils ne demandent pas la charité mais veulent vivre dignement de leur travail. 

La souffrance que j’ai pu percevoir est avant tout le fruit de grandes difficultés financières, mais aussi d’un sentiment de déconsidération. J’ai été profondément touché par les déclarations de certaines mères de famille qui n’ont qu’une seule crainte, de pas subvenir aux besoins de leurs enfants. À cette angoisse du quotidien s’ajoutait un sentiment, celui d’être des « sous-citoyennes ». 

Je veux réaffirmer qu’en France, il n’y a pas de sous-citoyens, que nous sommes tous égaux en droit et qu’il est essentiel que les élus de la République entendent la souffrance des Français. 

Je souhaite aussi appeler au calme et à la modération certains des plus radicaux des Gilets Jaunes de nos départements. Les manifestations et violences qui ont lieu dans toute la France, et notamment dans l’Hérault impactent sévèrement l’économie de notre pays. À trois semaines des fêtes de Noël, les conséquences d’un blocage sur le commerce de nos territoires, dont le chiffre d’affaires se fait parfois pour l’essentiel avant les fêtes de fin d’année, sont dramatiques et pourraient aboutir à la fermeture d’enseignes et à la suppression d’emplois. Il est plus que temps de discuter et de laisser libre accès aux lieux de commerce à tous les citoyens.

C’est pourquoi j’appelle au calme et au respect de la vie et du travail de nos concitoyens, j’appelle à cesser les blocages qui pénalisent fortement notre économie.  

Ce temps passé aux côtés des Gilets Jaunes m’a permis de mesurer les profondes difficultés de nos concitoyens et leurs angoisses. Conscient de ce désarroi, le Gouvernement a mis sur la table un certain nombre de propositions, comme la « super-prime », qui permettra aux Français les plus modestes de pouvoir acheter un véhicule neuf ou d’occasion, électrique ou hybride, en bénéficiant d’une aide de 4000 € pour cet achat qui permettra en moyenne une économie de 200€ par an grâce à une consommation de gasoil réduite. Cette super prime, entre autre, est un outil extrêmement pertinent pour accompagner les Français vers la transition écologique.

Cependant, pour nos concitoyens qui sont dans la souffrance, cela ne peut suffire.  

C’est pourquoi, après les avoir longuement écouté, je pense que qu’un moratoire doit être mis en place, c’est à dire un gel de l’augmentation au 1er janvier, le temps de trouver de meilleures solutions, construites avec et pour les Français. 

Dans une circonscription rurale comme celle où j’ai été élu, le réseau de transports en commun est largement insuffisant et augmenter les taxes sur le diesel reviendrait nécessairement à contraindre les déplacements en voiture. Ici, cela signifie poursuivre l’enclavement des territoires, rendre encore plus difficile l’accès à l’emploi et condamner un grand nombre de personne à la solitude et à la détresse. C’est pourtant par la liberté de déplacement, par le travail et par le lien humain, qu’une société prend forme. Il est donc temps, pour tous les Français, de retisser ces liens qui nous unissent et de laisser place à la trêve.