Dans le cadre du groupe d’études parlementaire “Inondations, catastrophes naturelles et calamités agricoles”, les co-Présidents Philippe Huppé (LaRem, Hérault) et Philippe Bolo (MoDem, Maine-et-Loire) ont auditionné le Président-Directeur-Général de Météo France, Monsieur Jean-Marc Lacave, à la suite des inondations meurtrières qui ont touché l’Aude et l’Hérault en octobre dernier. Les parlementaires ont été conviés, à l’issue de cette audition, à venir visiter les locaux du centre scientifique, technique et opérationnel de Météo France, qui se situent à Toulouse, pour mieux appréhender les moyens mis en œuvre pour la prévision et la prévention.

 

Bâtir une société de la prévention est l’un des défis majeurs de notre génération. Cela passera par une meilleure prévisibilité des aléas, pour laquelle nous faisons confiance aux services de Météo France, mais également par une meilleure coordination de l’ensemble des acteurs mais surtout par une éducation aux risques mieux pensée, à l’image de ce qui se fait par exemple au Japon”. Philippe Huppé

Après s’être rendu dès le lendemain des inondations dans les communes Ouest-Héraultaises les plus touchées par ces intempéries, et avoir écouté habitants sinistrés et élus locaux, Philippe Huppé a pu mesurer pleinement l’ampleur de ces graves évènements.

Afin de tout mettre en œuvre pour éviter que de tels drames se reproduisent, et tirer les conséquences de la gestion des inondations du 15 octobre, les députés Philippe Huppé et Philippe Bolo avaient invité le Président de Météo France, Monsieur Jean-Marc Lacave à exposer lors d’une audition à l’Assemblée Nationale son retour d’expérience et à répondre aux nombreuses questions de la représentation nationale.

Monsieur Jean-Marc Lacave a ainsi pu présenter aux députés les dispositifs d’alerte et de prévention des inondations, et plus spécifiquement les améliorations qui sont attendues après de tels évènements. Aucune défaillance majeure n’a été constatée par les députés, bien qu’un questionnement légitime persiste sur les heures auxquelles sont délivrées les alertes (6h et 16h).

Si le phénomène météorologique du 15 octobre a bien été anticipé par les services de prévision de Météo France, il ressort de l’audition que les moyens techniques dont dispose Météo France – pourtant considérée comme l’un des 5 services météorologiques les plus performants du monde – ne suffisent pas pour prévoir l’intensité et les conséquences d’évènements aussi concentrés géographiquement. Le nouveau supercalculateur européen, actuellement en construction à Bologne, en Italie, et devrait néanmoins permettre d’affiner les prévisions et d’améliorer la coopération européenne.

Afin de mieux mesurer les moyens mis en œuvre pour la prévision météorologique en France, le groupe d’études parlementaire se rendra, à l’invitation de Monsieur Lacave, à Toulouse pour visiter le centre scientifique, technique et opérationnel de Météo France.

Les tragiques évènements d’octobre dernier rappellent combien il est important de réfléchir à une meilleure adaptation face aux épisodes de sécheresse et de pluies extrêmes qui se renforcent et sont de plus en plus fréquents dans l’arc méditerranéen.

 

 

Annexe : point sur le dispositif de vigilance tel qu’il a été présenté aux députés

 

Le dispositif de vigilance a été créé à la suite des tempêtes de 1999. La carte de vigilance signale si un phénomène dangereux menace un ou plusieurs départements dans les prochaines 24 heures et renseigne sur les précautions à prendre pour se protéger. Elle est actualisée au moins deux fois par jour, à 6h et à 16h. Cette carte a pour objectif de rendre la notion de danger simple et assimilable très rapidement.

Il existe plusieurs types d’alerte de mauvais temps : les préalertes et les alertes absolues. Les préalertes sont émises jusqu’à 48 heures à l’avance quand des évènements de mauvais temps dans la France sont probables mais des changements dans l’intensité, la trajectoire et/ou la durée peuvent se produire. En cas d’alerte absolue, les météorologues sont sûrs que l’évènement de mauvais temps va se produire. Les niveaux d’alerte correspondent à des couleurs. Lorsqu’une alerte est verte ou jaune, c’est au citoyen de veiller à sa propre sécurité. Une alerte orange indique un phénomène de mauvais temps d’intensité modérée et une alerte rouge un phénomène d’intensité forte.

Ce dispositif est très encadré, étant co-piloté par le ministère de l’intérieur, le ministère de la transition écologique et solidaire, et, éventuellement par d’autres ministères comme le ministère de la santé (notamment en cas d’aléas grand froid et canicule).

Le dispositif est opéré par Météo-France qui travaille en collaboration avec un certain nombre d’opérateurs comme, par exemple, le service central d’hydrométéorologie et d’appui à la prévision des inondations (SCHAPI). 

Ce dispositif fait l’objet d’un suivi qualité sous la forme d’indicateurs annuels répondant à des objectifs de limitation de fausses alarmes, dont le taux doit être inférieur à 16%, et de réduction des non‑détections (objectif d’un taux inférieur à 2%). Ces objectifs figurent dans le contrat d’objectifs et de performance conclu par Météo-France avec l’État, et sont pour l’instant remplis par Météo France.

Le dispositif de vigilance est en constante amélioration. Il s’est ainsi étendu, en 2004, aux canicules et grands froids et, en 2007, le paramètre « fortes précipitations » a été modifié en « pluie-inondation ». Depuis 2011, une information est délivrée sur l’aléa vagues-submersion. Le dispositif devrait être profondément remodelé d’ici à 2020‑2021. La carte de vigilance devrait permettre de donner des informations plus précises sur l’ensemble des dangers potentiels, tant du point de vue géographique (informations au niveau infra-départemental, que temporelle (présentation plus fine de la chronologie des événements).